jeudi 30 juin 2011

L'homme est une femme comme les autres



Le week-end dernier, je me suis fait ce que l'on appelle communément une "soirée de nanas" avec mes copines. Les mecs de certaines d'entre elles avaient profité de l'occasion pour faire de même de leur côté. "Ah oui, on  voit bien le genre, soirée bière / foot / poker." Soupir mi-affligé, mi-amusé des copines en question : "Si seulement...". En entendant ce teasing inavoué et plus que piquées au vif, le reste de la troupe réclame à cor et à cri des explications, du détail ! Et moi la première, en bonne blogueuse et dans un souci exclusif d'enquête, d'investigation et de restitution de l'information.

L'HOMME SE FAIT DES SOIRÉES DE NANAS

En fait de soirée de mecs, les jeunes hommes ont expliqué à leurs promises avoir besoin de faire une soirée tous ensemble afin de pouvoir "se retrouver", "regagner la complicité qui s'étiolait au fil du temps" (sic). Mes copines m'ont précisé qu'en pratique, si les soirées poker avaient toujours lieu une fois par semaine, une autre tradition hebdomadaire s'était instaurée chez leurs virils amoureux : les soirées Chardonnay-Desperate Housewives. Aux chiottes les séries dites de mecs : 24, Prison Break, Nip Tuck. Place aux séries de gonzesses.

L'HOMME DEVIENT SENTIMENTAL

Et si cette masculinité avortée se limitait aux programmes télé ? L'honneur serait sauf, on passerait ça sous silence et on ferait comme si de rien n'était. Mais non. Les hommes deviennent sentimentaux. Nous discutions avec une de mes copines de nos sex-friends respectifs. Qui dit sex-friend dit pas d'engagement, contrat tacite, on passe de bonnes soirées et voilà. Et bien non. Plus maintenant. Ma copine est tombée sur un homme qui lui a balancé "tu m'as pris pour ton jouet" (réplique féminine s'il en est), tandis que j'ai eu droit à un "je veux bien te voir mais promets moi que tu vas pas encore être méchante" (je n'ai pas l'impression d'être Barbe-Bleue, j'ai parfois un caractère assez marqué mais il ne faut pas exagérer). N'avez-vous pas l'impression à la lecture de ces anecdotes que les rôles ont été un tantinet inversés ? Moi oui. Et c'est peut-être parce que je suis concernée au premier chef que j'ai envie de préciser ceci. Sensible : bien. Sensiblerie : pas bien. Et Dieu sait que la frontière est mince. "Ah si j'étais un homme, je serais romantique''. Fabienne Thibeault, muse des hommes d'aujourd'hui.

L'HOMME S'OCCUPE DE LUI

La première fois que mon (ancien) chéri est venu dormir à la maison, je me suis amusée à lui faire essayer tous mes produits de beauté. Il s'est plié au jeu de bonne grâce, pour me faire plaisir. Enfin, c'est ce que je croyais. Le matin suivant, il devait se réveiller plus tôt que moi (et oui, c'est l'avantage de travailler en free-lance, on choisit ses horaires), et je l'ai donc laissé filer sous la douche en me réjouissant doublement de pouvoir rester au pieu. Malheureusement, le répit a été de courte durée : "Lili? LILI? LIIIIIIIIIILIIIIIIIIIIIIIIIII?????" Persuadée que le feu avait pris dans la salle de bains, je m'y précipite et je l'entends me demander avec un petit sourire gêné : "Je peux avoir le masque pour les cheveux que tu m'avais donné la dernière fois?" Je m'exécute un peu énervée quand même d'avoir été tirée du lit en urgence pour une bagatelle pareille, et m'apprête à me recoucher lorsque le mâle me hèle à nouveau : "Tu veux pas rester ? Tu t'assois sur le rebord de la baignoire et comme ça on peut papoter !" Bon, j'avoue, ça m'a fait sourire et puis ça me faisait plaisir de discuter avec mon chéri (d'autant qu'il était particulièrement loquace ce matin-là, donc je n'avais qu'à dire : "oui / non / truc de ouf").  Mais l'apothéose de cette séance matinale fut tout de même la sortie de douche lorsque le mec (fan de hip-hop, le style qui va avec, 1,90m, bien musclé) me demande successivement de lui prêter "ton pshiit qui fait froid au visage" (i.e. l'eau de beauté Caudalie) et "l'huile qui sent bon et qui sert à tout" (i.e. l'huile prodigieuse de Nuxe). Je me suis soudain sentie très seule, surtout face à l'incompréhension de mon vis-à-vis devant le fou rire irrépressible qui m'a secouée pendant cinq bonnes minutes.

BONNE OU MAUVAISE NOUVELLE ?

Comportements inimaginables il y a quelques années, l'homme d'aujourd'hui vit sans honte son côté féminin, voire le revendique. Après le métrosexuel, l'übersexuel, l'homme 3.0 est... une femme. Alors, nous qui réclamions depuis des décennies des hommes plus sensibles, plus romantiques, je me demande si finalement, je ne préférais pas quand je n'étais pas obligée de tendre les kleenex à mon mec quand la maman de Bambi se fait buter, et quand c'était lui qui me consolait quand Mufasa meurt... Le débat est ouvert.



STREET-SHOOTING

Cette semaine c'est Marine qui s'y colle, de la boutique Monies (25, rue Masurel pour les lilloises). Monies, ce sont deux collections de bijoux par an. Marine se rend à Copenhague, chez Gerda et Nicolaï Monies (un couple de créateurs danois) afin de renouveler et sélectionner de nouvelles pièces de manière régulière. Bracelets, broches, bagues et colliers, boucles d’oreilles, il y en a pour tous les goûts. Des bijoux en cuir, nacre, ébène et pierres semi-précieuses et des modèles (tous conçus par le couple danois) toujours uniques et singuliers... D'ailleurs, Marine est bien évidemment en total look Monies !





jeudi 23 juin 2011

Parlez-vous la langue de Pute ?



Il est des caractéristiques génétiques qui se transmettent immuablement de génération en génération et c'est comme ça, on n'y peut rien. A l'instar de la couleur des cheveux ou des yeux, on peut parler du gène de la langue de pute. A ceci près que celui-ci se transmet exclusivement par la mère. Tare XX, donc.

Ainsi, nous, les nanas, pourrions aisément compléter nos CV, Section langues pratiquées, par ladite langue susmentionnée. Imaginez un peu...
- Anglais : Courant
- Espagnol : Scolaire
- Langue de Pute : Maternelle
Certes, il n'est pas dit que l'employeur potentiel voit cela d'un bon oeil, mais cela en fait toujours une de plus.

Mais pourquoi génétique ? Et pourquoi par la mère ? J'entends d'ici les cris d'orfraie des féministes en herbe, révoltées d'avance par mon propos. Et bien les meufs, désolée, mais c'est l'expérience qui parle : même si je ne me considère pas à proprement parler comme la reine des ragots, en moi comme en toute nana sommeille une harpie prête à descendre son prochain sa prochaine en flamme. EH BAH OUAIS. Et ce n'est absolument pas le cas de nos amis les hommes. J'en ai vécu l'amère expérience...

Terrasse numéro 1 : Avec une copine dont je tairai le nom

Ma pote : Euh, elle a oublié de mettre sa jupe ou c'est fait exprès tu crois ?
Moi : Je pense qu'elle préfère qu'on focalise sur ses jambes plutôt que sur ses racines en fait.
Ma pote : Ah, et tu crois que c'est mieux ?
Moi  : C'est un moindre mal on va dire.

Bon ok, c'est méchant, mais je tiens à préciser que nous ne médisons que sur des inconnues que nous ne reverrons pas, jamais sur nos amies. C'est un principe que nous respectons (presque) toujours. Il n'y a donc aucune hypocrisie là-dedans. On a des valeurs quand même, faut pas déconner.

Terrasse numéro 2 : Avec un copain (que je n'emmènerai plus jamais faire de terrasse avec moi)
Mon pote : T'as vu la fille là-bas ?
Moi : Mais GRAAAVE ! Dans le genre Pute de l'Europe de l'Est moi j'dis Banco !
Mon pote : Ouahhh t'es jalouse !
Moi : Mais enfin elle s'est fait refaire les seins !
Mon pote : Ta gueule. Elle est belle, c'est tout.

Au final, il y a une incompréhension profonde entre les mecs et les nanas sur le sujet. Et si parfois on se laisse aller à persifler sur nos semblables, c'est parce qu'on est faites comme ça, on n'y peut rien... Et de toute façon, elles nous le rendent bien !


STREET SHOOTING

Allez, c'est parti, j'inaugure aujourd'hui ma nouvelle page de Street-Shooting, des looks sympas et qui changent de l'ordinaire, repérés en me baladant dans la rue. Vous retrouverez donc ces photos en bas de mes billets mais également dans la page Street Shooting du blog. Enjoy !





mercredi 1 juin 2011

To be or not to be (a Hipster)


Etes-vous un hipster ? Ou plutôt êtes-vous tendance ? Car aujourd'hui, le hipster est LA tendance incontournable, LE blockbuster du style, THE must-be du moment. Décrié à l'instar de tous les mouvements naissants (geek, bobo, etc.), le hipster-style est pourtant sur toutes les lèvres.

Pour les béotiens, les hispsters se définissent comme des "anti-mainstream". Ca vous avance bien ? Bon ok. Mainstream = culture commerciale, e.g. Lady Gaga, H&M, etc. Ils se considèrent donc comme les pionniers de l'underground. Mix improbable entre la putafrange, le bobo, le fluokid et la modasse, le hipster déchaîne les passions.

Alors, en êtes-vous ? (et si oui, ne l'avouez jamais, le hipster déteste être catalogué).


Look



Le hipster mâle portera une chemise à carreaux de bûcheron (en ville, il y a beaucoup de platanes, c'est indispensable) et des pantalons slims trop courts, parce que c'est tellement plus joli quand on voit les chaussettes. Monsieur et Madame Hipster porteront tous deux des lunettes Wayfarer, et si possible avec des montures de couleur (c'est le côté arty écrivain, crucial même si vous travaillez en réalité en tant que contrôleur de gestion chez Peaudouce). On parle ici tatouages, bretelles, moustache (pour les messieurs uniquement, de préférence). Même si pas mal de ses fringues sont des fripes, puisqu'il refuse la consommation de masse, le Hipster a ses marques cultes, qui sont rien moins que Colette, American Apparel, APC, Kitsuné et the Kooples (non non, ce n'est pas de la consommation de masse). Le hipster maîtrise l'art délicat du ridi-cool.

Musique



Un seul diktat : la face B. On est fan de l'underground ou on est pas. Parce que je suis un visionnaire, un avant-gardiste. Les tubes, je les laisse à la masse, à ceux qui ne sont pas capables de comprendre ce qui est VRAIMENT à la pointe. Alors c'est simple, dès qu'un groupe commence à sortir de l'ombre, je laisse tomber, et je passe à autre chose. D'ailleurs c'est bien simple, c'est ce qui est caché qui m'intéresse. Moi, je vais à des concerts de groupes hyper pointus à Rouilly-en-Josas, où d'ailleurs le membre sur lequel je me concentre, ce n'est pas le chanteur (beaucoup trop en lumière), mais le joueur de triangle au fond à gauche, "troooop underground ce solo de triangle t'as vu !".

Art (et d'essai)



S'agissant de cinéma, je suis très films allemands des années 70. Muets de préférence. Mais les films d'auteurs français en noir et blanc me branchent pas mal non plus :
"- Il va pleuvoir je crois...
- Oui. Je vais chercher du pain.
- De mie..." Travelling arrière sur la ville, Requiem pour violoncelle, clap de fin.
Pour le reste, je suis trèèèès art contemporain. Mais je m'intéresse aussi au design, au graffiti et à la culture urbaine plus généralement, et à la photo. Mais comme je ne suis pas du tout doué pour la peinture ou le design, et ben je fais de la photo. Enfin... j'ai surtout un iPhone. Alors en fait, j'ai  installé l'appli Hipstamatic.

Mode de vie



J'ai un boulot cool (créa, artiste, merchandiser visuel), ou un boulot chiool (chiant mais dans une boîte cool, i.e. vendeur chez Colette, standardiste chez Publicis). Je peux également être auto-entrepreneur-metteur-en-scène (je poste 50 vidéos par jour sur YouTube / Facebook). Question déplacement, je n'ai pas de voiture, parce que je n'ai pas le permis, je refuse de passer ce test arbitraire et sans créativité aucune. Je me déplace en deux-roues : vespa ou le plus souvent, vélo à pignon fixe (vélo sans vitesse et sans freins - faut être con quand même).

Phrasé



- l'emphase : je surkiffe, j'overvalide, je suis méga-ok, j'ai ultra-adoré. Ma vie n'est pas fade et je tiens à vous le faire savoir.
- le name-dropping : je ponctue mes phrases du nom de mes maîtres du moments. En règle générale ils sont américains. Mais des japonais, c'est encore mieux. L'intérêt, c'est que pour les non-initiés, ça passe à l'aise (Kawasaki, Mitsubishi, sashimi, les non-hipsters n'y verront que du feu).
- l'anglicisme : je parle anglais couramment, et le français, c'est so old-fashioned. La culture 2.0, c'est l'anglais buddy ! Alors mes statuts facebook / tweets (ah oui, j'ai oublié de vous dire, j'ai aussi une vie virtuelle très développée) sont toujours en anglais, et dans la vraie vie aussi, je parle franglais : Adder, checker, fooding, googler, etc.

Watch that buzz !

Bon, sachez que si vous vous êtes reconnu dans ce portrait (mais sshhhh!!!), vous êtes haï par la société toute entière. Des petits malins se sont même amusés à disseminer des pièges à Hipsters en mode pièges à loups dans tout NY, en se servant de leurs objets fétiches traditionnels comme appâts : Wayfarer, colliers fluos, bière... Voyez-plutôt !



A titre d'exemple, voici quelques petits sites qui traitent des/les hipsters, de façon assez drôle, mais pas forcément très sympathique. Mais souvenez vous : le pire, c'est l'indifférence !



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